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HAUT CONSEIL DES COLLECTIVITES TERRITORIALES (HCCT), mon point de vue !

Posté par: THIANDOUM Daouda| Jeudi 01 septembre, 2016 19:09  | Consulté 340 fois  |  0 Réactions  |   

Dans une démocratie qui marche, il est bon de disposer des cadres de dialogue et de partage dans lesquels les citoyens peuvent se rencontrer et discuter sur les affaires qui transcendent leurs différences. Ces mots peuvent donner raison aux Suisses, pays où on vote le plus au monde.

Au Sénégal  à l’instar de plusieurs pays de par le monde, le peuple est représenté à l’assemblée nationale. Dans cette chambre, les parlementaires votent des lois sur le fonctionnement du pays pour ne citer que cette mission plus connue de tous. Ils  représentent donc le peuple et non les territoires. Ces derniers qui étaient jusqu’au référendum des collectivités locales sont devenus des collectivités territoriales dans lesquels siègent les conseillers municipaux et départementaux. Nous disposons donc de deux ordres de collectivités territoriales (la commune et le département) en attendant les Pôles Territoires sur toute l’étendue du pays. Nous en avons 602 réparties sur 560 communes et 42 départementaux qui ne disposent pas de cadre de dialogue et de partage.

Voilà pourquoi, nous pensons que la création du Haut Conseil des Collectivités Territoriales répond non seulement à une nécessité eu égard les mots avancés plus haut mais obéit à trois leviers fondamentaux qui manifestent l’interdépendance des territoires.

Tout d’abord, la dimension économique des territoires qui transcendent ses limites géographiques. En effet, issue du local, elle est obligée de se connecter sur les mouvements globaux. Pour citer un de mes anciens professeurs, M. Jean Pierre Charre qui usait du terme GLOCALISATION. La micro économie est en inter action avec la macro économie. C’est dire donc que quelque soit le lieu de production, l’entrepreneur pour ne pas dire l’individu a besoin d’écouler ses produits ou satisfaire ses besoins. Exemple, le SPL ou Système  Productif Local à Mékhé autour des chaussures a forcément besoin d’être connecté à Dara pour son poids dans l’élevage, Touba pour son poids dans la consommation et les autres zones de marché (nationales et internationales).

Ensuite, la dimension mobilité qui interpelle la polarisation de deux zones (entre le rural et l’urbain, entre le petit village et le bourg, les mouvements pendulaires entre le domicile et le lieu de travail, la zone de chalandise des administrations, des services, des commerces éloignés, les lieux de détente et de loisir. Il faut dire que les habitants d’un lieu subissent des pressions dans la satisfaction de leur demande. Voilà pourquoi, ils n’appartiennent pas à un territoire mais à des territoires. L’étalement urbain tire les individus à s’éloigner des zones centrales et avec le développement des transports ce constat s’agrandit de jour en jour. C’est dire donc que le repli identitaire initial est succédé à l’apologie de l’ouverture par les déplacements. La création d’intercommunalité passera forcément par le renforcement de la mobilité qui jette de nouvelles dynamiques et de nouvelles notions notamment celles  relative à l’émergence de territoires à géométrie variable, de territoires pertinents ou d’inter territorialités.

Enfin, la dimension finance car le développement en autarcie rêvée couronné à un repli sur soi rencontre des d’énormes difficultés  pour se financer. Tous les territoires ne disposent pas les mêmes richesses géographiques ce qui justifie la solidarité des autres territoires pour se développer. Le zonage de ces territoires corrélés à une discrimination positive (subvention, dotation, contrat de plan…) pourrait propulser leur développement.

Nous pouvons dire donc que l’énumération de ces dimensions est loin d’être exhaustive car d’autres aspects tels que l’environnement, la géologie, la biogéographie, la géomorphologie,  les représentations… peuvent être cités dans la réflexion.

Ces différentes dimensions mettent en lumière l’interconnexion des territoires. Un territoire isolé aura toujours des difficultés pour se développer ou émerger. Voilà pourquoi nous pensons que le HCCT doit être ce cadre pertinent dans lequel les différences qui plombent le développement de nos territoires peuvent être levées.

Si l’assemblée nationale  regarde le passé et légifère sur l’avenir par le biais de la jurisprudence, le HCCT doit regarder l’avenir en mettant en relief la pertinence des découpages, la promotion du regroupement, de l’entente, de l’intercommunalité, de l’inter territorialité, discussion sur la fonction publique locale, le financement du développement local, la coopération décentralisée pour un développement harmonieux du territoire national. C’est logique donc de coupler l’Acte 3 de la Décentralisation avec un cadre de dialogue et de partage des territoires.

Daouda Thiandoum,

Aménagiste, Urbaniste et Géomarketeur

dthiandoum@yahoo.fr

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